La traque: une poursuite vaine

Découvrez les efforts, ou leur absence, pour retrouver les unités rebelles après l'embuscade. Une analyse des tentatives de traque et des raisons de leur inefficacité.

L'absence de réaction immédiate

Rien ne révèle une débauche de moyens pour retrouver et liquider les unités ayant participé à l’embuscade. Rien n’indique que toute la région fut mise en état d’alerte et de nombreuses embuscades tendues. Et la photo prise par le photographe de la 3, au départ de Dupleix du convoi pour une opération, ne témoigne pas d’une précipitation manifeste.

Les premiers renforts et leurs actions

Les premiers renforts extérieurs se présentèrent devant le poste de Béni Bou Hanou passé 15 H. Une dizaine de GMC transportant des Sénégalais (du moins c’est ainsi qu’on les appelaient, en fait des troupes d’Afrique « noire »), une compagnie vraisemblablement basée à Novi, qui arrivèrent de l’est par la piste passant par la Maison Forestière de Tide Tigde Tighret et Tazzerout. Aussitôt débarqués, ils entreprirent un ratissage en direction de l’embuscade mais sans donner l’impression que cela s’intégrait dans un vaste plan d’ensemble. En somme, une initiative individuelle. Ils revinrent avec une quinzaine de suspects qui furent interrogés par le lieutenant P et avec le corps sans vie d’un permissionnaire du poste qui avait pris le convoi. Claude Rochard. On ignore où il a été découvert mais il n’a pu être abattu que par des HLL de l’embuscade alors qu’il était en fuite. Sinon il aurait été retrouvé sur la piste.

Une réponse décalée et inefficace

Aimé Moulin signale un convoi de gardes mobiles avec un EBR, du sérieux, provenant de Dupleix et longeant l’Oued Damous, vraisemblablement pour l’interdire. Mais la colonne des commandos en repli l’avait déjà franchi. Les commandos héliportés ne se présentèrent que vers 18/18h30. Charles Puechberty se rappelle l’arrivée sur la piste des « bananes » des paras alors que le convoi quittait les lieux. L’heure lui semble bien tardive.

Les rebelles avaient gagné leur pari, aucune interception

Mais, les rebelles étaient déjà loin. Au petit matin le lendemain, ils avaient dû abattre en 15 heures, environ une trentaine de kilomètres. Le chiffre de 40 pour certains a même été avancé. Mourad Lebtahi. Ils avaient définitivement gagné leur pari. Les troupes de l’embuscade avaient éclaté en une douzaine d‘unités pour regagner chacune sa base arrière. Qui dans la région de Marceau, qui vers Ténès, qui enfin en direction de l’Ouarsenis. Ce qui peut être considéré comme certain, c’est qu’aucun des participants à l’embuscade n’a été intercepté durant son repli. Mourad Lebtahi. AH (8) signale le passage du commando zonal Abdelhak marchand plein est. Ce qui est faux comme nous l’avons vu puisqu’il s’agissait de Siakha et de sa garde prétorienne. Et selon lui, c’était le 2/03, 48 heures après l’embuscade. Ce qui est impensable car il aurait attendu tout ce temps sur place alors que la contrée devait grouiller de militaires.