Le convoi dans l'embuscade : Une vérité à éclaircir
Le Général Salan, dans ses « Mémoires », évoque l’embuscade du 28 février 1957 en travestissant la vérité et en minimisant les représailles. Il mentionne une « faute du commandement » sans la préciser. Curieusement, le JMO du 1/22, l'unité directement concernée, ne fait aucune mention de sa visite impromptue sur les lieux. Toutes les visites d'autorités étant scrupuleusement notées, cela suggère une fausse déclaration. Cette incohérence ne fait que renforcer la nécessité d'une analyse approfondie des faits sur le terrain. Comment le convoi s'est-il retrouvé piégé ? Découvrons ensemble les détails de son déploiement.

La topographie du piège : Zones et positions
Pour comprendre l'ampleur de l'embuscade, il est essentiel de reprendre une carte actualisée en 1957 grâce à des photos aériennes, complétée par l’Armée. Cette carte, fidèle à la topographie et à la couverture végétale de l'époque, révèle la division de l'embuscade en trois zones distinctes. Les triangles noirs marquent la position des blindés, les flèches noires épaisses représentent les positions extrêmes de l’embuscade, et l’étoile noire indique la position des armes collectives. Les petites flèches délimitent des zones intermédiaires. La zone 1, la plus dense et abrupte, correspond au Djebel Nador. La zone 2 est relativement plus découverte, s'étendant jusqu'au piton 858. Enfin, la zone 3, de nature similaire à la précédente, était probablement occupée par des tireurs isolés en retrait.

Au cœur de l'enfer : La répartition du convoi
Considérons le convoi tel qu'il fut officiellement déclaré, composé de 15 véhicules, et répartissons-les par zones pour mieux appréhender l'événement.
La zone 1 : la tête de l’embuscade, la plus touffue, la plus abrupte, la plus dangereuse, le Djebel Nador lui-même,
La zone 2 : terrain relativement découvert dans sa partie nord avec un relief moins accentué jusqu’au piton 858.
La zone 3 : de même nature que la précédente mais non occupée, si ce n’est éventuellement par des tireurs isolés
L'intensité du feu y était moindre, permettant à certains hommes de résister et de survivre, souvent malgré des blessures graves. Cette distribution des forces ennemies explique les différences de bilan humain et matériel d'une zone à l'autre.

La fin du convoi et la mesure de l'embuscade
Pour la zone 3, la situation était moins critique, avec tout au plus quelques tireurs isolés en retrait ou des tirs en fin d'embuscade. On y retrouvait trois GMC et, en position de clôture, le half-track. Les hommes de cette section furent soit sains et saufs, soit seulement légèrement blessés. La distance à vol d'oiseau entre les blindés est d'environ 1 km. Sur la piste, nous pouvons estimer les longueurs : la zone 1 s'étend sur 400 m, la zone 2 sur 440 m et la zone 3 sur 360 m. L'embuscade totale mesurait donc 840 m, avec 1200 m entre les deux blindés par la piste. Ce plan de répartition du convoi, bien qu'hypothétique et basé sur des témoignages parfois divergents, offre une cohérence d'ensemble et permet de mieux visualiser ce dramatique événement. Mais alors, comment en est-on arrivé là ?
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